À travers cet article, un groupe de spécialistes répondent aux questions suivantes : que se passe-t-il arrive lorsqu’un pays ignore sa propre carte de risques? Aurait-on pu atténuer les effets du tremblement de terre si l’île avait été mieux préparée?
Les auteurs de l’article commencent par une brève description des conséquences du désastre causées par le tremblement de terre qui a eu lieu le 12 janvier 2010 en Haïti. Ils qualifient la situation d’hécatombe.
Par la suite Suarez, Garcia et Altez expliquent les raisons géologiques qui ont provoqué le tremblement de terre. Ils commencent par une revue historique en citant tous les tremblements de terre qui ont touché Haïti depuis la colonisation (11 en total). Ils citent le tremblement qui a eu lieu le 3 juin 1770, un des plus violents avant celui de février 2010. Même si ce tremblement de terre a eu lieu deux siècles avant, à cette époque les autorités avaient réglementé l’utilisation de la maçonnerie renforcée avec du bois dans la reconstruction de Port-Prince. Malheureusement, des dispositions similaires n’ont jamais été prises après.
Ensuite, les auteurs font référence à la faille Enriquillo-Plantain Garden. Celle-ci a glissé à plus de quatre mètres, déplaçant la partie sud de l’île.
Dans une troisième partie, les auteurs sont très emphatiques en affirmant que le tremblement de terre n’aurait pas dû être une surprise pour personne, et que les désastres donnent une notification d’une façon ou d’une autre. Depuis longtemps, les spécialistes avaient discuté la possibilité d’un tremblement de terre de magnitude 7.2 en Haïti, pas très loin du 7.0 qui s’est présenté le 12 janvier. Cette discussion aurait dû être prise comme un avertissement, pour définir des actions cherchant à mitiger les risques issus du tremblement de terre. Mais malheureusement Haïti n’a pas pris cela en compte, et par conséquent aucune mesure de mitigation n’a été définie. Après le séisme, la négligence et le manque de prévision ont été mis en évidence, comme le fait qu’il n’existait pas de réglementation pour que les constructions soient parasismiques. Si à toutes ces conditions nous ajoutons un gouvernement et des institutions gouvernementales fragiles, nous avons tous les éléments pour qu’un désastre comme celui d’Haïti se produise.
Dans une quatrième partie, les auteurs font référence à une expression qui dit que « Les désastres ne sont pas naturels », dans le but d’expliquer que ce type de désastres est issu de la mauvaise gouvernance ainsi que des pratiques humaines qui dégradent l’environnement, la croissance démographique etentraînent les processus de migration de la campagne vers la ville.
Dans une cinquième partie, les auteurs traitent le problème qui se présente chaque fois qu’il y a une catastrophe et on doit faire un bilan des morts. Beaucoup d’erreurs se font au niveau des estimations, ils citent une méthodologie très efficace, qui a été utilisée après le Tsunami de 2004 en Thaïlande.[1] Finalement, les auteurs concluent en disant que toute cette situation trouve ses origines dans le manque de politiques adéquates et la définition d’actions visant à mitiger les désastres. En outre les conditions de pauvreté et le retard ne sont pas les seules responsables de la catastrophe vécue. Les auteurs finissent par se poser des questions sur le futur d’Haïti et sa reconstruction, et se demandent comment faire pour éviter de nouveaux risques qui pourraient mener à de nouveaux et plus grands désastres.
[1] Mass Fatality Management following the South Asian Tsunami Disaster: Case Studies in Thailand,
Indonesia, and Sri Lanka”, le volume 6 de juin de 2006.
Référence : Suarez, G, Garcia Acosta, V, Altez, R.2010 “Un desastre más allá del terremoto”, Letras Libres.

